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Mardi 31 octobre 2006
Cette année encore l’automne a inlassablement succédé à l’été… Et qui dit automne dit fin de vacances et, par là même, rentrée universitaire ! C’est donc après des vacances (bien méritées) d’une durée presque insolente que nous avons retrouvé les bancs de l’université… dur dur tant on s’était si bien habitué à la douceur du sable chaud corse…  Toujours est-il que ce rythme oisif, bien que fort plaisant, ne pouvait plus durer !


C’est donc fort d’une motivation inchangée que Sergueï et moi-même avons la joie de vous annoncer la réouverture officielle de notre blog ! Sonnez clairons, raisonnez musettes, laminutesuisse© rempile pour une année de plus… au moins ! Et, mes amis, quelle année épique nous attend ! En France, la lutte s’annonce sans merci pour savoir qui aura droit d’accéder au buffet gratuit de l’Elysée. En Suisse, on renouvelle également la joyeuse troupe qui aura l’extrême honneur de vanter les bienfaits du chocolat suisse sur la scène internationale. Aux USA, entre deux hamburgers les américains sont appelés à se prononcer en faveur ou non de la politique de Bush. Toutes ces péripéties nous fourniront une actualité brûlante sur laquelle on prendra un malin plaisir à jeter un peu d’huile… histoire de foutre un petit peu plus la merde !


Halloween, le jour de la fête des morts, sera donc également celui de la résurrection de notre blog… Alors cessez donc de creuser vos citrouilles, abandonnez la confection de votre costume de fantôme, oubliez votre collecte de bonbons et venez plutôt débattre avec nous !


Par Raskolnikov et sergueï - Publié dans : Divers
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Dimanche 18 juin 2006

Comme vous l’aurez sûrement remarqué, notre blog connaît un passage à vide depuis quelques temps… En effet, le rythme de nos post a largement décéléré. Ne vous inquiétez pas ce n’est uniquement dû qu’à nos examens de fin d’année et non à une quelconque baisse de motivation ou d’inspiration. Hé oui, les administrateur de laminutesuisse ne sont encore que d’humbles étudiants et il se trouve qu’ils sont en pleine période d’examens !  Vous comprendrez donc que nous avons donc beaucoup moins de temps à consacrer à l’élaboration d’articles.


Tout cela pour vous dire que notre blog continuera sa morne croisière pendant encore une à deux semaines… MAIS, (et c’est là que cela devient intéressant pour vous) si vous cultivez secrètement l’envie d’écrire un article sur un thème qui vous intéresse particulièrement et dont vous aimeriez débattre, n’hésitez plus et lancez vous !!! Vous n’aurez qu’à nous envoyer vos articles et après relecture nous les publierons volontiers. Tous les thèmes sont abordables : politique, économie, pamphlet, humour, lettre ouverte ou bien sûr l’actualité…


Nous vous demandons juste que vos articles soient dans la limite du correct (la provocation est bien sûr acceptée mais évitez tout texte négationniste, raciste ou qu’on serait en droit de juger inacceptable !), qu’ils soient correctement orthographiés et… intéressants !


Alors récapitulons la manœuvre : un thème vous intéresse, vous écrivez un article dessus, vous nous l’envoyez (vous n’avez qu’à cliquer sur «contact» tout en bas de la page d’accueil et nous copier/coller votre article…), on le publie et tout le monde débat… Ainsi, point de temps morts et peut être que quelques talents secrets se révèleront parmi notre lectorat… Et qui sait, peut-être vous verrez vous proposer un emploi en CPE pour laminutesuisseÓ ! 

 La Rédaction.

Par Raskolnikov et sergueï - Publié dans : Politique
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Vendredi 9 juin 2006

Et c’est parti pour 1 mois de football, 31 jours de ballon rond, 744 heures de pure folie sportive, 44’640 minutes durant lesquelles la planète va vibrer sous les hourras de la foule, 2'678’400 secondes où le monde n’aura d’yeux que pour les Zizou, Ronaldinho et autres Ballack… Aujourd’hui commence donc la 18ème coupe du monde de football, évènement sportif s’il en est ! 1 mois durant lequel le sport sera le vecteur principal de cohésion nationale, derrière son équipe nationale (allez les bleus !!!) chacun est plus que jamais fier de ses couleurs, de son pays, de sa patrie…



Comme toutes les compétitions, elle apportera son lot de joies, de tristesses, de surprises… mais celle-ci me paraît plus symbolique que les précédentes. Car loin de faire un énième article vous présentant ce que certaines mauvaises langues décrivent comme « un rassemblement de crétins écervelés courant derrière un ballon », je vois en cette coupe du monde une portée bien plus profonde… En effet, cette édition présente une caractéristique primordiale : l’esprit du sport pourrait bien l’emporter sur les différences et les violences ethniques !


Dans un monde déchiré par la violence, les guerres, les menaces et la misère, la coupe du monde unit, réconforte et fait oublier le triste quotidien.  Plus efficace que la trêve olympique, elle réussit le pari fou d’apaiser les mœurs. Ainsi, Serbes et Monténégrin repoussent leur indépendance, les ivoiriens posent les armes et les iraniens ne pensent plus au nucléaire. Telle une bulle d’oxygène tombée à point nommé, le football va apporter aux peuples opprimés dont la liberté politique ou religieuse est bafouée, un semblant de paix… Pendant ces quelques jours, la planète vibrera au son des buts et non des bombes, les yeux seront tournés vers les stars et non vers le ciel et l’espoir remplacera la peur…


Prenons l’exemple de la Côte d’Ivoire. Depuis bientôt 13 ans le pays est divisé entre les différentes ethnies présentes et où s’alternent coups d’Etat, massacres et rafles répressives… Pourtant, comme un évènement salvateur, le football fédère les masses et unit à nouveau le pays… En témoigne la composition de l’équipe nationale qui réunit sous un même maillot chrétiens et musulmans, Malinkés, Baoulés et Bétés, rebelles et partisans de Gbagbo… et comme un pied de nez à l’Histoire, le sélectionneur porte la nationalité de la « puissance coloniale » haïe : Française. Grâce au foot, durant quelques semaines, le bruit des chants de joie se substituera au bruit des balles. Comme l’a dit un officier de la Licorne : « espérons qu’ils aillent le plus loin possible, c’est toujours ça de gagné en tranquillité ».


Autre exemple, la « team Melli », équipe nationale iranienne, permet aux iraniens de montrer un autre visage au monde. Ainsi, le peuple iranien espère bien véhiculer autre chose que les propos haineux de son président. Exit la course à l’armement, exit les provocations, exit l’antisémitisme exacerbé, seul compte le sport et ce qu’il porte en lui de plus beau ! Dans un pays où les libertés sont chaque jour un peu plus ignorées, le foot est une vraie échappatoire… Le temps de quelques matchs, la République Islamique n’existe plus et seule compte la loi du terrain !  



Alors messieurs les footballeurs, mouillez le maillot, faîtes en sorte que le beau jeu prime et que le foot reste un sport afin que la coupe du monde soit une grande fête, un grand rassemblement multiculturel… Mecque éphémère du football, gageons que l’Allemagne réunira en son sein des supporters de toutes les confessions, de toutes les origines qui, le temps d’un match, oublieront leurs soucis, leurs différences et leur velléités, en parfaite communion avec leur équipe.



PS : Bien sûr, cet article appellant à l’unité et à la paix, n’enlève rien à mes aspirations personnelles, alors : ALLEZ LES BLEUS !!! Et surtout, je vous serai extrêmement reconnaissant de croquer la « nati » (équipe nationale Suisse…), pas de pitié pour les petits suisses ! Je risquerai ma peau à chanter la Marseillaise en arborant le drapeau tricolore au milieu d’une horde déchaînée de supporters helvétiques alors s’il vous plaît, faîtes-moi cette faveur, gagnez ce fichu match contre la Suisse…

 

Par Raskolnikov - Publié dans : Actualité
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Dimanche 4 juin 2006

A un an des élections présidentielles, les programmes s’affûtent, les candidats tentent de se démarquer et les bilans commencent à se tirer…  C’est donc l’occasion de faire le bilan de l’UMP après 4 (longues) années passées au pouvoir. Je vous propose donc de nous pencher sur les 3 points majeurs sur lesquels la droite avait axé son programme : l’insécurité, le chômage et l’économie.


Premièrement, au problème de la sécurité la droite croyait avoir trouvé le remède miracle : la multiplication exponentielle du nombre de policiers. Malheureusement, après une période illusoire on peut dire que c’est un échec ! Crise des banlieues ou ré-augmentation de la violence sont autant d’illustrations de la stérilité d’une solution aussi simpliste que dénuée de réflexion. Malheureusement pour lui, Mr Sarkozy ne semble pas avoir compris que la violence et la criminalité naissaient bien souvent dans la précarité et dans la perte d’espoir en une société sans perspectives d’avenir… et qu’un agent de la paix n’est pas mère Thérèsa !


Il me faut tout de même admettre qu’une réflexion aussi socialiste a déjà montré ses faiblesses lors du gouvernement Jospin. Il est en effet complètement chimérique de croire qu’une crise telle que celle connue dans nos banlieues il y a 7 mois est le seul résultat d’une politique autoritaire de 4 ans… J’admets que la gauche n’avait pas été efficace sur ce sujet et que ça avait d’ailleurs coûté l’Elysée à Jospin. Pourtant, avoir coupé les crédits aux associations des quartiers difficiles afin d’accroître celui de la police n’était en rien une solution satisfaisante à long terme ! Tout au plus, une vile manœuvre afin d’arranger des statistiques pour améliorer sa popularité ! Alors certes la police avait besoin d’augmenter ses effectifs, certes il n’était pas normal que les forces de l’ordre ne puissent plus agir sur certains quartiers mais de là à tenter de transformer la France en un pays totalitaire il y a un pas… Toujours est-il qu’aujourd’hui les chiffres sont là : la criminalité contre les personnes a augmentée de plus de 4%.



Deuxièmement, le chômage… Et la encore que constate t’on ? Une baisse… clap clap clap les chiffres sont unanimes, vraiment, messieurs les libéraux, je vous tire mon chapeau ! Non sérieusement ! Le taux de chômage est passé de 9,9% en 2004 à 9,8% en 2005 ! Sonnez clairons raisonnez musette ce gouvernement est salvateur ! Mais à quel prix ? Travail précaire, contrats à durée déterminée, apparition des travailleurs pauvres… quel coût social pour si peu… Car si on regarde les chiffres de plus près on constate que le chômage était de 8,8% de la population active en 2002... >_<   Une nouvelle fois, l’UMP a travaillée sur le court terme ! Car dans leur logique bien libérale, Villepin et sa bande sont partis du principe que l’Homme doit servir l’économie… et non l’inverse ! Mais c’est oublier ce que nous a appris l’Histoire… En effet, l’Homme occidental n’a jamais fait bon ménage avec l’asservissement économique et une telle précarisation du travail ne pourra faire long feu…



Et enfin, l’économie… Si comme moi, vous suivez un peu l’actualité dans les médias, vous n’avez pu rater le sympathique Thierry Breton se gargariser d’une réduction « historique » du déficit français ! Une fois encore les chiffres jouent en leur faveur… le déficit de la France est repassé sous la barre des 3% du PIB national. Seulement, sans vouloir brimer l’ardeur de l’ancien directeur de France Télécom, cette réduction n’est que poudre aux yeux… Vraiment, la droite aura eu des idées florissantes durant ce quinquennat, on a vu la hausse irréfléchie des effectifs de la police, la braderie de la force de travail, laissez moi vous présenter la dernière méthode forte de l’UMP : la dilapidation du patrimoine français ! Durant son bref séjour à Bercy, Sarkozy aura pris soin de vendre une partie de l’or de la banque de France. Vendre ? Ah oui mais attendez, quitte à se séparer de l’or français autant le vendre quand le cours du précieux métal est au plus bas ! Attendre un an de plus, histoire que la conjoncture et les cours battent des records auraient été trop pénible à ces messieurs…


Deuxième tour de passe-passe : la vente des locaux détenus par l’Etat. A l’heure où la France, et principalement Paris, subie une crise du logement, il aurait peut-être était plus utile (et plus rentable pour l’Etat) de mettre ces bâtiments en location… Et enfin, mon coup d’éclat préféré : la privatisation ! Ah oui mais là encore, pas question de faire marcher ses méninges… trouver une solution intelligente ne satisferait pas l’électorat UMP. Alors, le mignon Thierry Breton a vendu… les autoroutes !!! La vente des autoroutes rapportera 11 milliards d’euros à l’Etat alors que les bénéfices auraient rapportées 35 à 40 milliards d’ici à 2020. Autoroutes qui, accessoirement, avaient été financée par les sous du brave contribuable et dont les bénéfices finiront dans les poches… d’un patron quelconque ! Pourquoi s’embêter avec quelque chose qui rapporte de l’argent à l’Etat ?!?



Seulement voilà, tout ce gâchis représente une sacrée rentrée d’argent, influençant forcément les chiffres… La réduction du déficit est donc purement illusoire et ce dernier se creusera encore bien davantage maintenant que les caisses de l’Etat français sont sevrées des bénéfices que rapportaient ces entreprises et qu’aucune solution durable n’a été trouvée.


Alors à un an des présidentielles, ils ont beau jeu, ces ministres hypocrites, à défiler chez Claire Chazal tous les dimanche soirs pour présenter des chiffres tous plus probants les uns que les autres. Il n’empêche que dans les faits concrets, la politique de l’UMP aura été un vrai désastre ! Une braderie organisée de tout ce que la France possédait de plus rentable… Une politique rentable à court terme mais désastreuse à long terme… Mais que je suis bête, pourquoi penser à l’avenir alors que les élections présidentielles - la quête du graal sarkozienne – ne sont que dans un an ? Du moment que les chiffres jouent en leur faveur tout va bien… Seulement à l’heure des bilans, messieurs les libéraux, vous n’êtes bon qu’à déposer le votre !

Par Raskolnikov - Publié dans : Politique
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Lundi 29 mai 2006


...the 29th of may

 
 

 Les trompes résonnent, l’assaut final est lancé, les troupes turques s’abattent sur la ville à la faveur de la nuit. De la nuit ? pas vraiment, l’éclat des torches et le scintillement des 100'000 armures qui montent à l’assaut du mur de Théodose n’indiquent que trop clairement aux quelques 7'000 défenseurs massés aux remparts, qu’ils ne verront pas le point du jour. Et c’est juste, car au matin de ce mardi 29 mai 1453, Constantinople est en flamme, l’Empire Romain a vécu, les derniers vestiges de l’Europe des césars, sont emportés par les courants du Bosphore...

 
Cependant, séchez vos larmes car  la débâcle du 29 mai 2005, n’a pas eu de telles conséquences sur l’Europe et vous ne trouverez bien qu’un Philippe de Villiers ou un Nicolas Sarkozy pour vous s
outenir mordicus que la Turquie n’est pas étrangère au désastre. Néanmoins, en l’espace de ce petit demi millénaire fatidique qui a vu l’humanité s’approprier le monde comme jamais espèce vivante auparavant, l’Europe s’est vue par deux fois renvoyées par la figure ses ambitions d’unité, pour le meilleur mais aussi pour le pire... bref, faut-il ou non se réjouir du « non » Français au référendum sur le traité constitutionnel mené l’an passé ? C’est la question que je vous propose de débattre en cette date anniversaire.

 “To win, the yes needs the no, to win against the no!” Cet argument particulièrement percutant assené par notre regretté Jean-Pierre Raffarin illustre assez bien le désert argumentatif qu’ont opposé les partisans du « oui » aux tenants du « non » plus virulents mais aussi peu crédibles. Pour ma part et après 365 jours d’intense réflexion, je pense enfin pouvoir révéler ce qu’il fallait vraiment voter le 29 mai dernier:



 Au delà des stupides réactions de repli nationaliste prêchées par les deux comparses d’extrême droite et de droite extrême, Jean Marie Le Pen et Philippe de Villiers (il me coûte de mettre des majuscules à ces deux noms là...), il y avait bien évidemment des arguments forts et valables à opposer au projet de constitution : - surreprésentation des dispositions économiques dans un texte prétendument constitutionnel – ton général extrêmement libéral (économiquement s’entend) alors qu’une constitution est simplement censée poser un cadre institutionnel démocratique – longueur excessive et détails inutiles alors qu’ « une bonne constitution doit être brève et obscure » comme l’indiquait plaisamment l’abbé Sieyès etc etc...
 

Or, et après mure réflexion, ces arguments auraient été valables s’il s’était vraiment agi d’une constitution ; Mais le référendum du 29 mai dernier portait, lui, sur un traité constitutionnel qui n’avait de constitutionnel que le nom, puisqu’il s’agissait en fait du Traité de Rome II dont le but était de faire ratifier de façon clarifiée et unifiée, les dispositions adoptées depuis 1957 par l’Union Européenne. Cette piqûre de rappel visait donc à entériner 50 ans d’évolutions - de progrès même – en matière de gouvernance et d’intégration économique, en bonne intelligence. Mais voila, il a fallu que ce petit malin de Valery Giscard d’Estaing affuble le traité d’un épithète aussi usurpé que trompeur pour que beaucoup d’entre nous se fourvoient dans le  « non » ; et je confesse humblement que si j’avais moi-même joui du droit de vote le 29 mai dernier, j’en aurais peut-être usé et abusé pour rejeter la constitution. Bref, si les causes du « non » ont été largement décortiquées l’an passé, il semblerait que la mystification et le manque d’explications du traité aient été pour quelque chose dans son rejet. Pourtant :

-     Le traité constitutionnel n’était pas une constitution car il ne fondait en rien un État unifié sous des institutions uniques et communes.

-     En vertu de la hiérarchie des normes, les traités internationaux et notamment européens, ont une valeur supérieure à la constitution française. Un traité constitutionnel ne saurait donc avoir une portée plus importante qu’un traité banal !

-     La partie du traité qui a tant fait débat contenait des dispositions économiques et politiques déjà adoptées auparavant sous la forme de traités classiques ; comme je l’explique pus haut, elles ne pouvaient donc pas acquérir une valeur supérieure à celle dont elles jouissaient déjà. La constitution ne changeait donc strictement rien à ces dispositions.

-     Le traité présentait en revanche des garanties inédites en terme de démocratie et de droit de l’homme ! Il y avait pour le coup une véritable avancée.

-     Le traité prévoyait enfin la création d’un exécutif européen afin de répondre aux enjeux de la gouvernance commune en faisait de l’Europe une entité politique unifiée sur la scène internationale.

Bref, le traité se contentait de rappeler des principes déjà existants tout en y ajoutant des dispositions nouvelles, pour le coup parfaitement inédites. En refusant le traité, nous avons donc conservé celles que nous critiquions tout en perdant celles qui apportaient à l’Europe un véritable plus... sniff


 Mais je persiste à penser que ceux qui ont rejeté le traité pour les nobles raisons que j’évoque un peu plus haut, sont une infime minorité et c’est une peur irrationnelle et un défi – stupide – du gouvernement qui ont motivé l’écrasante majorité des votes « non ». Ce rejet de l’Europe ne date pourtant pas d’hier, et c’est bien ce qui me préoccupe car déjà en 1992, le traité de Maastricht passait d’extrême justesse. Cette frilosité coupable du peuple français à l’égard de l’Europe s’est incarnée magnifiquement dans la polémique autour de la directive Bolkestein qui prévoyait l’ouverture réciproque des marchés de service sans harmonisation préalable ; la France a eu peur de... la Pologne ? Rappelons tout de même que la France est le 1er exportateur mondial de services et le pays le plus compétitif dans ce domaine ! Cette directive nous avantageait donc honteusement...
 

Ne nous voilons pas la face, le libéralisme est le système économique de l’Europe comme il est celui de la France, et à l’échelle d’une communauté d’États unifiés comme à l’échelle d’un seul d’entre eux, il s’agit très probablement du seul système économique capable à ce jour d’apporter la prospérité en même temps que les moyens financiers nécessaires aux États pour mener de vraies politiques sociales ! Il n’est plus temps de rejeter le libéralisme comme il n’est plus temps de rejeter l’intégration politique dès lors qu’ils ont amplement faits leurs preuves dans les frontières de l’espace européen. C’est à l’échelle planétaire qu’il faut s’inquiéter des dérives du capitalisme car c’est là que, faute d’encadrement juridique unifié, il fait le plus de ravages. En attendant, rappelons et martelons, encore et toujours, que la France n’est rien sans l’Europe. Pire, elle est moins que rien !

Par Sergueï - Publié dans : Politique
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Samedi 27 mai 2006

En ces périodes de graves troubles sur l’échiquier politique français, en ces périodes où l’ego de nos élus l’emporte sur leurs fonctions premières, où leurs aspirations personnelles prennent le pas sur les intérêts de la France, où les présidentiables se livrent une guerre fratricide au sein même de leur famille politique, où la chiraquie semble définitivement et immanquablement condamnée - entraînant inéluctablement dans sa chute le gaullisme –, la Vème République vit-elle ses derniers soubresauts ? Beaucoup de gens n’ont de cesse de critiquer la Vème  et ses institutions, son fonctionnement et finalement le fait qu’elle ait été taillée sur mesure pour et par le Général de Gaulle et non pour un fonctionnement universel et pleinement démocratique. Car le président de la République est plus assimilable à un monarque intouchable qu’à un citoyen élu par ses pairs pour les représenter.



Oui, mais me direz-vous, il est toujours plus facile de critiquer lorsqu’on se trouve pépère dans son fauteuil… C’est pour cela qu’aujourd’hui, tadindin bimboum, je voudrais vous présenter comment fonctionne le pouvoir exécutif en Suisse. Loin d’être inefficace, l’exécutif collégial helvète propose une alternative pertinente à la souveraineté toute puissante du locataire du palais de l’Elysée. Alors franchissons les Alpes pour étudier de plus près ce système unique en son genre.


Tout d’abord, vous devez savoir que les Suisses n’ont pas une seule personne qui règne sur l’exécutif mais 7 braves gars qui prennent l’apéro ensemble une fois par semaine et qui discutent des différentes mesures à prendre autour d’un bon verre de fendant ! Nous appellerons donc ce petit conciliabule par son nom : le Conseil Fédéral. Oui mais voilà, toute l’originalité de la chose réside dans le fait que ces 7 gaillards ne sont pas amis… non non loin de là ! Les Suisses appliquent ce qu’ils appellent la « formule magique » (au risque de décevoir les groopies d’Harry Potter, cela n’a rien de magique…). En fait, la constitution du Conseil fédéral se présente comme étant le reflet de l’équilibre des forces en présence au Parlement. Ce qui fait que le dit conseil est constitué par 2 conseilleurs socialistes, deux conseillers radicaux (notre droite), deux conseillers UDC (notre extrême droite mais sans le négationnisme), un conseiller PDC (trait pour trait notre UDF).



« Mais alors ce doit être une réelle cacophonie ??? Chacun va essayer de tirer la couverture pour lui seul ! » me direz-vous… Et bien non ! En fait, les conseillers fédéraux possèdent chacun un ministère (qu’on appelle département) : affaires étrangères – intérieur - justice et police - défense et sport – finances – économie – environnement, transports, communication et énergie (tout ça dans le même... ^^). Le fonctionnement est collégial, c'est-à-dire que chaque conseiller propose un projet de loi pour son département, ce projet est débattu au sein du Conseil Fédéral et il doit être adopté à la majorité. A partir du moment où le projet de loi est adopté, TOUS les conseillers doivent défendre d’une seule et même voix ce projet, quelques soient leurs idéaux ou leur avis personnel sur le sujet ! Ainsi, loin des querelles intestines françaises, la Suisse connaît une réelle unité gouvernementale !



Mais revenons sur la caractéristique la plus importante de ce conseil : sa diversité. Car c’est bien elle qui fait la force du Conseil Fédéral. En effet, cette pluralité des opinions politiques oblige :

 -         1°) au débat

-         2°) à la mesure

-         3°) à des concession de la part de toutes les parties

C’est donc par ce processus de délibération concertée que naissent les projets de lois suisses. Mais le plus important est que, preuve est faite que ce système marche et même marche bien ! Donc pourquoi ne pas nous en inspirer ?


En effet, il est tout à fait envisageable, voire même souhaitable, de voir un jour, réunit autour d’une même table trois conseillers PS, trois conseillers UMP et un conseiller UDF. Maintenant voyons quels avantages la France tirerait-elle d’un changement si radical dans sa manière d’aborder le pouvoir ?


Premièrement, cela permettrait enfin de voir une réelle collaboration entre les partis afin de servir les seuls intérêts des français dans leur globalité et non seulement ceux des hommes de pouvoirs et le noyau dur de leur électorat. Deuxièmement, face aux problèmes de taille qui sont ceux de la France d’aujourd’hui (chômage, mécontentement général, crise de l’éducation, crise de l’intégration, crise d’identité, etc…) les hommes politiques en place seraient obligés de trouver des solutions constructives afin d’éviter une paralysie qui ne ferait qu’empirer la crise. Ainsi, on en finirait avec cet entêtement obtus propre aux partis français qui fait que chacun campe sur ses positions empêchant le débat démocratique d’avancer. Troisièmement, cela redonnerait à l’UDF le rôle de médiateur qui devrait être le sien. En effet, par son vote il pencherait tantôt à gauche ou tantôt à droite permettant d’équilibrer les décisions prises, de manière à éviter de voir des projets tels le CPE ou les 35 heures qui tenaient plus de l’aberration que de la solution à un problème aussi complexe que le chômage.



Pour conclure, je dirais que le système suisse me charme par son côté consensuel où le dialogue constructif prime sur l’échange de noms de volatiles comme nous avons en France. De plus, le gouvernement se doit d’être unitaire, chose qui est bien souvent oublié en France (surtout ces derniers temps…). A cela s’ajoute la représentativité accrue que permet un tel système, oubliant les querelles de pouvoir droite/gauche… Plus d’alternances, plus de clivages exacerbés, plus de cohabitations stériles mais une seule cohésion représentant la pluralité idéologique française, dans le but d’élaborer ensemble un projet solide sur lequel ils seront tous jugés. Ainsi, plus moyen de se déresponsabiliser d’un échec en disant «  c’est de leur faute à eux ! Si vous m’élisez, les choses se passeront autrement… ». Efficacité, représentativité, dialogue, implication, démocratie sont les maîtres mots d’un tel système… Que demander de plus ? 



Finalement, le seul point noir de ce système est également sont plus bel atout : il est obligatoire de mettre son orgueil au placard sous peine de gripper un système des plus démocratiques, et ça, je ne suis pas sûr que les politiciens français actuels y soient près…   

 

 

Par Raskolnikov - Publié dans : Politique
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La citation de la semaine :

"En France, l'argent est un vilain péché. C'est pourquoi de plus en plus de Français vont se confesser en Suisse."  Jacques Mailhot

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